Âme à zone d’autonomie temporaire (ou pas)

Lectures  mazoniennes…

À partir de ces calembours peut-être douteux (comme tout calembour digne de ce nom), j’ai voulu lire, ou relire, quelque chose sur les TAZ, « Temporary Autonomous Zone » d’Hakim Bey, trop peu connu promoteur de l' »anarchisme ontologique« .

Cela m’a amené à un document intitulé « Saut dans l’inconnu. Réflexions pour une offensive anarchiste au coeur de la pacification« , sur la situation en Suisse. Comme en prélude, ou en contexte, au prochain texte que je vais publier ici, quelques extraits (pour celles et ceux qui ne voudraient pas tout lire):


 Aujourd’hui, les rapports d’exploitation semblent plus subtils qu’il y a encore quelques décennies – ce qui ne les rend pas plus supportables, mais moins tangibles. Les hiérarchies trop grossières sont morcelées et les rapports de production sont en grande partie automatisés et bureaucratisés. L’accumulation du capital a apparemment trouvé un terrain infiniment fertile dans l’expansion du secteur tertiaire. Les mécanismes sociaux grippés sont affinés. La machine est bien huilée. Du moins, c’est l’image qu’on essaye de nous renvoyer à tout bout de champ.
Les gens travaillent, consomment et se consacrent à toutes les questions futiles avec lesquelles les politiciens veulent nous donner l’impression que nous pouvons déterminer de quelque façon nos conditions de vie. Le journaliste s’occupe de noyer notre propre faculté de penser dans le flot quotidien d’informations, pendant que lui, depuis sa lorgnette démocratico-policière, travestit ou passe purement et simplement sous silence tout événement qui pourrait s’avérer un tant soit peu ébranlant. L’honnête citoyen arpente les rues d’un pas normé et tente de compenser le vide mental qui remplit son quotidien par ses joies marchandes. L’ouvrier dort dans une cité lointaine qu’il n’a même pas besoin de quitter pour faire ses courses et travaille dans des zones industrielles dont la plupart ignorent tout bonnement l’existence. L’alterno a ses espaces où la “résistance” de ceux qui refusent le froid et la grisaille du quotidien capitaliste peut s’épanouir, elle aussi, à l’intérieur de la logique marchande. Chacun son rôle, chacun sa place.

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